Quelle est la mutuelle la moins chère pour les retraites ?

Certains des adages sont frappés au coin du bon sens. C’est le cas de quelqu’un qui dit que « la santé n’a pas de prix ». Personne ne songerait à le contester, et pourtant, sur le plan financier, les inégalités sont flagrantes. Les retraités sont donc sévèrement pénalisés. Tout d’abord, parce que les dépenses de santé augmentent avec l’âge. Deuxièmement, parce qu’une fois que vous quittez la vie active, il est impossible de bénéficier d’un contrat de santé collectif d’entreprise, comme c’est le cas pour tous les employés du secteur privé. La perte de revenus est alors importante. Ce type de « mutuelle » présente en effet l’immense avantage d’offrir dans la plupart des cas un excellent ratio garantie-prix, l’employeur prenant en charge une grande partie de la contribution.

Pour couvrir ses problèmes de santé, un senior doit donc choisir ses propres niveaux de couverture et les payer intégralement : 92% des retraités sont dans ce cas, selon le dernier rapport de la DREES (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques) : Le Santé complémentaire. Acteurs, bénéficiaires, garanties (2016). L’aîné subira alors tout le poids d’une tarification établie en fonction de « son risque individuel pour la santé ». En d’autres termes, plus il vieillit, plus sa contribution augmentera. La facture s’élève en moyenne à 2 628 euros par an pour un couple dont les deux conjoints ont 60 ans, soit près de 220 euros par mois, selon une étude réalisée fin 2017 par meilleureassurance.com. Et ce n’est pas tout : nous devons également prendre en compte le reste des personnes à charge, c’est-à-dire ce qui reste après l’intervention de l’assurance maladie légale et de l’assurance maladie complémentaire. Selon les Drees, ce montant est de 309 euros en moyenne par an pour les 6-75 ans et de 338 euros pour les plus de 75 ans. Heureusement, il existe des moyens simples de mettre en œuvre qui réduisent la note.

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Passez par les réseaux de santé : -10 à 30 %

Apparu il y a vingt ans, les réseaux de santé maintenant occupent « une place importante dans les secteurs de l’optique et des aides auditives », souligne un rapport de l’IGAS (Inspection générale des affaires sociales) en date de juin 2017. De quoi s’agit-il ? Partenariats entre assureurs et professionnels de santé dont l’objectif est de mieux prendre en charge les soins ou les prestations traditionnellement mal couverts par l’assurance maladie légale : équipements optiques, prothèses dentaires, prothèses auditives et, plus marginalement, médecines alternatives (ostéopathie…) et autres consultations de prévention (diététique…). Sur la base de ces partenariats, tout un réseau de professionnels est formé, propre à chaque structure. Ces derniers sont tenus, pour chaque type de soin ou d’équipement, d’un carnet de charges strictes en termes de normes, de contrôles, de qualité et surtout de prix.

En passant par un professionnel référencé dans le réseau, le patient bénéficiera, en effet, de tarifs avantageux. C’est tout l’intérêt de l’appareil. En optique, IGAS a ainsi enregistré un prix moyen gain d’environ 20 % pour les verres simples ou multifocaux pour adultes par rapport aux prix pratiqués par les opticiens non référencés. Les réseaux, en revanche, avancent des pourcentages plus importants : « Jusqu’à 40% pour les lunettes complexes », annonce Jean-François Tripodi, directeur général de Carte Blanche Partenaires, qui précise, d’ailleurs, que parmi les affiliés du réseau de santé « Neuf achats sur dix, tous les assureurs et contrats combinés, se déroulent désormais auprès de nos opticiens partenaires ».

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À ces remises, qui vous permettent de réduire vos dépenses restantes, vous devez ajouter un autre levier important : les incitations financières qui peuvent exister dans les contrats de certaines organisations d’assurance maladie complémentaire (Ocam). Depuis janvier 2014, les mutuelles, et non plus les seuls assureurs, ont le droit de différencier leurs avantages en les améliorant si leurs membres consultent un professionnel de santé avec lequel ils ont conclu un accord. Mais tous les assureurs n’ont pas englués dans cette brèche et un certain nombre d’entre eux (Generali, Swiss Life…) conservent une unité tarifaire, quel que soit le professionnel de santé auquel on est contacté.

D’autres, au contraire, « poussent » franchement leurs clients vers ces réseaux : leur remboursement de surplus varie d’un contrat à l’autre et peut également, à des fins optiques notamment, dépendre de l’équipement. Même principe, mais plus progressif, avec le contrat de référence MGEN : l’hypothèse d’un verre progressif de forte correction sera de 120 euros si l’assuré s’adresse à un opticien non référencé et de 160 euros dans le réseau Optistya, soit une différence de plus de 30% !

Pour les autres types d’équipements (appareils dentaires ou auditifs…), en revanche, de telles incitations financières n’existent pas. Cependant, en contactant un praticien référencé (chaque assureur vous fournit des outils de géolocalisation), vous aurez accès à d’autres avantages. Vous pourrez bénéficier de tarifs négociés en amont (pour avantages égaux, vous paierez donc moins en principe) mais, surtout, vous pourrez bénéficier d’une meilleure qualité de services.

Par exemple, un dentiste référencé par Santé clair doit vous indiquer le pays d’origine de la prothèse qu’il vous propose. Un professionnel de l’audition membre du réseau Itelis doit surveiller l’aide auditive vendue pendant toute sa période de fonctionnement et vous prêter un appareil en cas de panne ou de dysfonctionnement. Le fait de se tourner vers un professionnel référencé vous permet enfin de bénéficier de l’intégralité du tiers payant : si le prix de votre équipement ne dépasse pas les tarifs approuvés, vous n’aurez aucun coût anticipé à payer. Des petits extras qui font la différence.

Suivre les promotions des assureurs : -8 à 15 %

Le marché complémentaire de la santé est énorme : selon les chiffres fournis par les trois familles d’assureurs présentes dans ce secteur : les institutions de retraite régies par le Code de la sécurité sociale, les compagnies d’assurance régies par le code des assurances, les sociétés mutuelles d’assurance régies par le code mutuel d’assurance — pas moins de 36,3 milliards d’euros de contributions ont été collectés en 2016 en France, dont 19,4 milliards pour les seuls contrats individuels.

En fait, pour gagner de nouveaux clients, les assureurs s’engagent régulièrement dans des batailles commerciales, dont vous pouvez bénéficier. Comment ? En surveillant, tout d’abord, le calendrier des promotions, sachant qu’elles sont plus nombreuses à partir du mois de septembre. Une période qui ne doit rien au hasard. La date d’expiration (ou date anniversaire) de la plupart des contrats de santé individuels est fixée au 1er janvier de chaque année et, pour les annuler, il est impératif d’envoyer à l’assureur une lettre recommandée avec accusé de réception au moins deux mois avant cette date.

Jetez ensuite un œil au contenu des cadeaux de bienvenue offerts à tout nouvel adhésion, car certains sont plus rentables que d’autres. Par exemple, de nombreux assureurs offrent généralement un mois de cotisation : la première année, vous n’aura à payer que onze mois sur douze. Une bonne économie à prendre, mais moins intéressante financièrement qu’une réduction de 10% sur la cotisation annuelle : pour une prime de 1 200 euros par an (100 euros payés chaque mois), par exemple, vous obtiendrez 120 euros d’économies, contre seulement 100 euros avec un mois gratuit. Attention toutefois aux conditions requises : certains prestataires de services peuvent, par exemple, vous demander de souscrire un deuxième contrat, soit une assurance pension (une assurance funéraire avec April, par exemple), soit une assurance de biens (auto…).

Certains peuvent également vous pousser à vous inscrire non pas seul mais en couple (c’est souvent le cas avec les mutuelles) ou à vous abonner via Internet. Autre « carotte » à ne pas négliger : parfois, vous pouvez trouver chez certains assureurs (Allianz notamment) une réduction équivalente à deux mois de cotisation. Mais, pour y prétendre, vous devez conserver votre nouveau contrat pendant au moins deux ans car la réduction n’est pas appliquée immédiatement mais habilement répartis entre la première et la deuxième année d’adhésion !

Optez pour un contrat aux tiroirs : -5 % à 20 %

Pour réduire la facture santé, vous pouvez vous tourner vers le côté des contrats « tiroirs ». Ces formules ne vous proposent pas seulement, de façon classique, différents niveaux ou formules de garanties qui vont crescendo sur tous les postes de soins couverts. Au contraire, ils vous permettent de renforcer les remboursements qui vous seront versés pour les soins dont vous avez réellement besoin. Vous pouvez, dans une certaine mesure, sur abonnement, et parfois plus tard, choisir un niveau de garantie affichant, par exemple, 100 % de la base de remboursement de la Sécurité sociale pour les consultations, les procédures de radiologie, etc., et décider de booster tel ou tel autre poste de soins (dentaire, optique, etc.).

Avec le contrat Santhia d’Aviva, par exemple, vous pouvez souscrire à différents forfaits optiques et dentaires à partir de 4,50 euros par mois et par adulte, selon le niveau de renforcement. Le contrat My April à la l’assurance maladie carte fonctionne de la même manière : ici, c’est à vous de compléter (ou non) votre niveau de garantie initial par des renforts qui offrent un meilleur confort à l’hôpital ou vous permettent d’utiliser davantage de médicaments alternatifs, par exemple. Mais attention, bien que séduisant d’esprit, ce type de contrat « à la carte » n’est pas systématiquement la panacée du côté financier.

Pourquoi ? Parce que l’assureur sait parfaitement que le choix d’un renfort ne pourrait pas être plus opportuniste et que vous allez forcément le « consommer » à un moment ou à un autre. Il n’est donc pas rare que ce type de contrat affiche enfin un prix proche d’un contrat haut de gamme où tout est inclus ! Avant de succomber aux charmes d’une telle formule, assurez-vous de ne pas payer plus cher pour cela. Pour ce faire, comparez le niveau de remboursement, ce qui restera à vos frais et le prix final par article payé.

Autres types de « tiroirs » qui vous permettent de jouer sur la contribution : ceux qui, à l’inverse, vous offrent certaines minorités de remboursement en toute connaissance de cause. Le contrat Matmut Ociane Santé Evolution comporte donc une option « Essentiel » qui permet de réduire la cotisation annuelle de 20 %, à tous les niveaux de garantie combinés. Plus d’un senior sur deux y souscrit, selon Stéphane de Loze, directeur marketing d’Ociane Groupe Matmut, « parce qu’il permet d’économiser sur ce qui ne paraît pas essentiel ou d’améliorer le niveau de garantie sur ce qui est important ».

Le traitement des médicaments rendus modérés ou faibles est alors fortement réduit ou disparaît complètement pour la médecine douce ou la chambre privée en cas d’hospitalisation. Dans ce même esprit, les personnes assurées qui acceptent une déduction de 2 euros pour tout remboursement d’un acte de soins (consultations, radios, pharmacies…) peuvent économiser 8 % sur leur facture annuelle avec le contrat d’avril, soit 96 euros par an pour une contribution globale moyenne de 1 200 euros à 65 ans.

Profitez des bonus : — 10 à 30 %

De plus en plus d’assurances maladie complémentaires offrent des « bonus » qui ne sont rien d’autre que le remboursement des excédents pouvant bénéficier sous certaines conditions. La plupart du temps, il vous suffit de rester membre de votre contrat pendant plusieurs années consécutives. Avec la garantie santé Macif, par exemple, ce bonus de fidélité, qui s’applique à de nombreux forfaits (couronne dentaire, bridge, lentilles simples ou complexes…), atteint 10 % chaque année, avec une limite fixée à 30 %. Par conséquent, pour obtenir le remboursement maximal, vous devez planifier vos soins pour la quatrième année, pas avant.

Une autre façon d’augmenter les soins : acceptez de ne pas consommer le forfait mentionné dans votre contrat pour des postes de soins spécifiques pendant un, deux ou trois ans. Cette pratique est de plus en plus courante pour l’achat d’équipements optiques (monture lentilles), sachant que, dans le cadre de contrats responsables, ce dernier est désormais couverts par l’assurance maladie légale et les assureurs maladie privés une fois tous les deux ans.

Hors changement de vue important ou nécessité impérative de renouveler vos lunettes, notamment en cas de casse, vous bénéficierez, par exemple, d’un remboursement de 170 euros et non de 100 euros par verre complexe (en plus de celui du régime obligatoire) avec le premier niveau de garantie du Santé complémentaire de La Banque Postale si vous effectuez votre achat au cours de la troisième année. Avec le contrat MMA Comfort Health, le « Responsible Conso Bonus » va dans le même sens. Cependant, cela vaut la peine de commencer à partir de la quatrième année et présente une spécificité supplémentaire : il n’est accordé que si vous choisissez un partenaire opticien de Lighthealth. En retour, avec la formule de garantie la plus élevée, par exemple, vous pourrez collecter 400 euros au lieu de 250 euros pour un équipement complet avec des lunettes simples et 550 euros au lieu de 350 euros avec des lentilles complexes.

Réduisez les garanties en cas de maladie de longue durée : -10 à 40 %

Certaines pathologies (insuffisance cardiaque sévère, diabète de type 1 ou 2, tumeur maligne…) sont considérées comme des affections de longue durée (ALD) car elles nécessitent un traitement prolongé et coûteux. Si vous faites partie des 10,4 millions de personnes du régime général d’assurance maladie suivi pour un ALD, vous êtes exempté des frais d’utilisation, qui sont généralement remboursés par une assurance maladie complémentaire.

Et si votre ALD représente la quasi-totalité de vos consultations et soins, examinez votre état de santé complémentaire pour déterminer s’il convient toujours. La raison ? Dans ce cas, la majorité de vos dépenses de santé sont couvertes par l’assurance maladie légale. Vous n’avez donc plus besoin d’un contrat certes généreux, côté remboursement, mais d’autant plus cher en vieillissant.

Si ce n’est déjà fait, pour réduire le coût de votre contrat, vous pouvez d’abord réduire le niveau global de votre couverture. Par exemple, avec La Banque Contrat postal, si vous passez d’une couverture de 230 % de la base de remboursement de la Sécurité sociale (y compris la couverture du régime obligatoire) à 130 % (ce qui permet également des dépassements de frais, mais plus modestes) pour les consultations et l’imagerie médicale en particulier, votre contribution mensuelle passera de 161 euros à 85 euros euros si vous vivez à Paris et avez 65 ans. Si vous avez 10 ans de plus, il passera de 203 euros à 107 euros, soit près de la moitié moins ! De manière plus restrictive, vous pouvez également passer à un contrat qui fournit un support minimal (limité aux taux de convention de l’assurance maladie).

Enfin, si vous voulez vraiment réduire votre budget santé, vous pouvez décider de n’assurer que le risque d’hospitalisation. Moins répandus, les contrats « hospi », de portée plus réduite, ont un prix plus restreint : comptez de 40 à 60 euros par mois en moyenne à 65 ans, selon le niveau des prestations, toujours en fonction de votre lieu de résidence.

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