Certaines innovations ne se contentent pas de faire du bruit, elles déplacent les lignes. Alors que le MWC 2019 bat son plein, après les annonces fracassantes du Mi Mix 3 5G de Xiaomi ou du Mate X pliable de Huawei, Nokia s’invite dans la course avec une proposition radicale : le tout premier smartphone doté de cinq caméras arrière. Place à l’examen détaillé du Nokia 9 PureView et de ses choix technologiques singuliers.
Le Nokia 9 PureView s’impose d’emblée comme le vrai modèle premium de la marque. Fini le temps où le Nokia 8 Sirocco peinait à rivaliser avec les ténors du secteur : cette fois, la marque nordique passe à l’offensive, bien décidée à jouer dans la cour des grands.
Caractéristiques du Nokia 9 PureView : la démesure des cinq capteurs
Empiler les modules photo sur un smartphone, voilà une tendance qui a atteint son paroxysme lors de la présentation du Nokia 9 PureView. Le monde avait déjà eu un avant-goût : la veille, un photographe professionnel avait publié sur Instagram des clichés réalisés avec l’appareil, soulignant la qualité d’image hors-norme promise par Nokia. Dès le lancement, les photos projetées lors de l’événement ont servi de manifeste : la technologie PureView, qui avait fait la réputation de la marque, revient avec ambition.
Après un bilan rapide sur l’année écoulée et des ventes globalement solides, Nokia a officiellement levé le voile sur le Nokia 9 PureView. Il s’agit du premier smartphone à embarquer cinq modules photo à l’arrière. Cette configuration permet une gestion très pointue de l’image : chaque capteur ajuste indépendamment la plage dynamique, la balance des blancs et l’exposition. Résultat : des clichés d’une précision rarement vue, portés par un capteur principal de 12 mégapixels.
Impossible d’évoquer Nokia sans parler des objectifs ZEISS, synonymes d’exigence photographique. Sur ce modèle, les cinq capteurs agissent de concert, captant jusqu’à dix fois plus de lumière, peu importe l’environnement. Grâce à cette synergie, une même photo combine luminosité et contraste sur l’ensemble du spectre, même lorsque la scène mélange sources lumineuses et zones d’ombre.
Cette architecture ouvre de nouvelles possibilités : l’appareil capture aussi bien la couleur que le noir et blanc, grâce à ses trois capteurs monochromes associés à deux capteurs RGB. Nokia intègre également un éditeur Google Photo enrichi et une interface de prise de vue entièrement revisitée, avec l’ajout d’Adobe Lightroom pour le traitement des photos. Les utilisateurs peuvent enregistrer leurs clichés au format RAW non compressé, préservant chaque nuance d’information. À l’avant, un module de 20 mégapixels complète le dispositif. La conception du Nokia 9 PureView ne fait pas dans l’à-peu-près : châssis en aluminium massif, finitions qui rappellent la volonté de la marque de s’aligner sur les codes du haut de gamme.
Autre détail marquant : la présence de verre, qui autorise la recharge sans fil Qi pour sa batterie de 4150 mAh. L’écran PureDisplay POLED de 5,99 pouces affiche une résolution 2K (QHD), protégé par du Corning Gorilla Glass 5. Sous le capot, le Snapdragon 845 fait tourner l’ensemble, soutenu par 6 Go de RAM et 128 Go de stockage interne. Nokia propose ici son premier lecteur d’empreintes digitales intégré directement à l’écran.
Côté connectivité, on retrouve le WiFi 802.11ac, Bluetooth 5.0 et la mise au point laser. L’appareil tourne sous Android 9 Pie dès sa sortie, et propose les dernières technologies sans fil, dont le NFC. Reste une interrogation : la reconnaissance faciale sera-t-elle de la partie ? Sur certains modèles précédents, Nokia avait surpris en la retirant sans prévenir. Autre sujet qui alimente les conversations : le prix du Nokia 9 PureView, estimé autour de 750 euros. Certains observateurs pointent la configuration RAM de 4 Go sur certaines variantes, ce qui fait débat. Les réponses définitives tomberont le 24 février, lors de la présentation officielle prévue à Barcelone.
En dévoilant son Nokia 9 PureView, la marque signe une prise de risque assumée. Cinq capteurs pour un seul smartphone : pari audacieux ou nouveau standard ? Dans les allées du MWC, le débat ne fait que commencer.





